Pourquoi ÉVITER la Nouvelle Orléans

Au mois de novembre 2016, j’ai décidé de prendre quelques jours loin de Montréal et me suis offert un voyage en solo pour enfin découvrir une ville qui m’intriguait depuis longtemps : la Nouvelle Orléans.

J’ai réservé mon billet d’avion sans trop réfléchir, m’attendant simplement à entendre de la bonne musique, en apprendre un peu sur l’histoire de la ville et rentrer à Montréal avec quelques belles photos.

J’avais tort. Tort de penser que j’allais juste passer 5 jours sympas avant de rentrer chez moi.

J’aurais aimé savoir à quoi m’attendre, mais personne ne m’a prévenue. Voici donc 7 bonnes raisons de ne jamais visiter la Nouvelle Orléans.

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Alors oui, je suis arrivée à la Nouvelle Orléans avec une certaine idée de ce à quoi la ville ressemblait, puisque beaucoup de films et de séries sont tournés à NOLA. Pourtant, ce que j’ai découvert n’avait rien à voir avec les décors de cinéma : c’était encore mieux.

La Nouvelle Orléans est une ville belle par nature, autant dans le détail qu’observée dans son ensemble (pour ça, emprunter les ascenseurs du centre commercial The Shops at Canal Place pour monter jusqu’à l’hôtel Westin. Leur hall offre une vue imprenable sur le Mississippi et le centre ville). Chaque coin de rue vous offre une maison colorée, un balcon de fer forgé aux détails incroyables, une murale, une vitrine originale et j’en passe. Des trottoirs de Marigny (pour un peu plus d’authenticité) aux balcons verdoyants du Vieux Carré, NOLA offre un spectacle incroyable, sans efforts.

Raison numéro 1 : Après NOLA, ta ville te paraîtra super grise et ennuyante. Peu importe où tu vis. Si, si, crois moi.

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Ayant atteri de nuit à mon arrivée (après un itinéraire rallongé dû à l’annulation de mon premier vol), ma première soirée à NOLA a été bien tranquille (Booouuuuh! Quelle honte.). Je me suis endormie, épuisée, à peine 1h après avoir posé mon sac à dos dans la chambre que j’avais réservée dans une maison shotgun de Marigny.  Le lendemain matin, à peine après avoir posé le pied dehors, je découvrais le fameux Southern Charm. Il m’attendait juste là, à ma porte.

Sous le soleil de 9h00, mes pas ont été rythmés par les sourires des voisins, qui laissaient inmanquablement échapper des « How ya doin’? » et « ‘morning! » sur mon passage. À la Nouvelle Orléans, riche de son mélange de cultures et de son héritage tantôt français, espagnol et XXX, personne ne vous fait vous sentir comme un étranger et les gens n’ont pas peur du contact visuel!

Alors, lorsque la serveuse ou le gars au coin de la rue vous appelle honey ou boo ne changez rien : tout est parfaitement normal.

Raison numéro 2 : Après NOLA, tu vas être encore plus exaspérée par tes voisins traumatisés qui ne disent jamais bonjour et évitent ton regard dans l’ascenseur. Oh, tu sais très bien de qui je parle.

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Là il faut qu’on se parle franchement. La Nouvelle Orléans c’est pas que du Jazz partout. Ça suffit les stéréotypes. Y’a le Dixieland aussi.

Il y a aussi des artistes de rue qui vous gardent au creu de leur mains pendant des heures en se servant de casseroles et autres objets en métal pour faire vivre des rythmes incroyables.

La meilleure musique est née à la Nouvelle Orléans et jusqu’à ce jour, elle erre dans chacune de ses rues, à toute heure.

Le deuxième soir, au bar de quartier The Spotted Cat Music Club (un MUST), le Shotgun Jazz Band a volé mon cœur. Banjo, trompette, trombone, basse, clarinette… les cuivres et percussions s’allient à la voix incroyable de Marla Dixon.

C’est ça la Nouvelle Orléans : une musique qui vous attrape si profondément et sûrement qu’il vous faut fermer les yeux pour être sûre de capturer chaque vibration. Fermer les yeux et les rouvrir en espérant qu’il ne s’agissait pas d’un rêve. Une musique qui vous vole un sourire avant de vous arracher des larmes.

Au « Cat », j’ai vu une dame de 80 ans danser le swing avec son fils, une jeune femme clown de profession qui traversait les États-Unis en autostop, un couple de jeunes mariés tout juste sortis de l’église, des voyageurs solos, des familles, des retraités, des musiciens, des artistes… et des gens qui les admirent et ne vivent que pour eux pour quelques heures.

Raison numéro 3 : La musique de la Nouvelle Orléans peut te rendre malade comme on est malade d’amour. Ton cerveau aura du mal à comprendre et intégrer l’idée d’une ville renfermant autant d’âme et de talent. On l’entend une fois et on ne l’oublie jamais. T’es prévenue.

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Que sont des bâtiments sans histoires?

Un pan de mur n’est qu’un tas de briques. Mais si l’on vout dit que ce mur est un fragment du mur de Berlin, vous y posez alors un regard tout à fait différent.

C’est pour ça qu’au delà des musées, j’aime découvrir une ville à travers ses habitants et les histoires qu’ils ont a raconter. Les locaux offrent des anecdotes et des points de vue qui font toute la différence lorsqu’on veut en connaître plus sur un endroit. C’est ce que Free Tour by Foot a bien compris. Créée sur le principe du tour guidé à pieds , on découvre la ville avec un guide local et l’on donne ce que l’on veut à la fin (selon notre budget ou appréciation de l’activité) Écolo, plus intime et au rythme local? J’achète!

J’ai opté pour un premier tour avec Denver, un local passionné d’histoire (notament celle des cimetières si particuliers à NOLA). Denver regorge d’anecdotes sur le Garden District (un quartier de NOLA qui plaira aux cinéphiles et mordus d’architecture), qu’il partage toujours avec humour.

Le deuxième tour guidé s’intéressait au Vaudou et à son importance dans l’histoire de la Nouvelle Orléans. Il n’y a rien que je pourrais dire qui égalera la façon dont Robbie, le guide, vous fera découvrir ou redécouvrir le Vaudou. J’ai vécu une journée particulière, une expérience incroyable. J’ai appris (énormément), ri (beaucoup), pleuré (parfois), et suis encore aujourd’hui passionnée par cette religion et cette culture si mal connue et victime de ce que la croyance populaire et Hollywood ont en fait.

Si vous passez par la Nouvelle Orléans, inscrivez-vous à ce tour guidé et laissez-vous porter par l’immense talent d’orateur de Robbie.

Raison numéro 4 : S’intéresser à l’Histoire de NOLA et de ses habitants, c’est comme commencer un livre fait de milliers d’histoires toutes incroyables, passionnantes, drôles et souvent dures à entendre (la ville porte encore les marques de Katrina, comme des cicatrices sur le bitume…). Pourquoi commencerait-on un livre incroyablement passionnant, alors qu’on sait qu’on ne pourra jamais finir de le lire? Frustrant, non?

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« Et la bouffe! aaaah la la, la bouffe! » Les quelques personnes que je connais ayant visité la Nouvelle Orléans me parlaient toutes de la nourriture fantastique que j’allais y trouver. Malheureusement, je ne m’attendais pas à pouvoir profiter de la gastronomie cajun et savais que je m’embarquais dans une expérience limitée puisque je ne consomme aucun produit d’origine animale (fucking vegans!).

Gumbo, Jambalaya, Soupe de tortue (ouais…), fruits de mer et beignets (en français, s’il-vous-plaît) : Nope. Quintuple Nope. (Le premier qui dit que manger du poisson, c’est végétarien… Il gagne un livre de biologie à la page « Végétaux, animaux et minéraux. » Édition spéciale Diététicien en carton. C’est moi qui offre. Si, si, ça me fait PLAI-SIR.).

Mais! Si le cajun ne vient pas à toi…le végétalien peut venir à point à qui sait attendre! (Quelque chose comme ça…) En tous cas.

J’ai néanmoins pu déguster des repas végétaliens…à la sauce cajun. (Pour info, Happy Cow recense des dizaines de restaurants végés à la Nouvelle Orléans et il y a une belle communauté. J’ai même été surprise au détour d’une rue de découvrir CocoAlly, galerie d’art et boutique de vêtements et accessoires 100% Vegan ). Mes 3 addresses :

Raison numéro 5 : La nourriture (cajun ou non) occupe une grande place dans la vie de tout les jours. On s’assoie directement au comptoir pour déguster quelque plat, la serveuse vous offre un verre d’eau et parfois quelques quartiers d’orange pour patienter. Râté! NOLA ne vous offrira pas l’occasion de prétendre que c’est trop cher ou trop compliqué pour vos préférences alimentaires. Et puis effectivement, le cajun, c’est excellent.

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Bien sûr, plusieurs touristes choisissent la Nouvelle Orléans pour ses nombreux bars puisque c’est également la seule ville américaine où l’on peut boire librement dans les rues.

Mais NOLA, ce n’est pas que les flots d’alcool de Bourbon Street, les colliers de perles multicolores et énormes to-go cup. Oui, The Big Easy, se transforme à la nuit tombée et la douce chaleur portée par les brises du Mississippi enveloppe la ville d’une atmosphère que seules certains lieux possèdent.

Préférez les bars de Frenchmen Street et entrez pour écouter du Jazz et de la musique live gratuitement (il s’agira souvent de simplement commander un verre). Offrez-vous un spectacle burlesque, errez dans les rues du French Quarter éclairées aux lampes à gaz, dont les flammes font briller les trottoirs. Participez à un tour guidé nocturne pour en apprendre plus sur les fantômes de la Nouvelle Orléans. Et n’ayez pas peur.

J’ai voyagé seule et ne me suis pas sentie en danger une seule fois.

Oui, la Nouvelle Orléans a parfois mauvaise réputation. En même temps, n’importe quel endroit sur terre peut se révéler dangereux. Ce n’est pas la ville qui est dangereuse, c’est le comportement du touriste qui a beaucoup trop bu et fait d’une ville son parc d’attraction. Let the good times roll… but be smart.

Raison numéro 6 : ton meilleur bar de quartier va te faire regretter l’ambiance suréaliste de n’importe quel mini scène Jazz de Frenchmen Street. Sans parler des excellents Bloody Caesar à 5$. Ouch!

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Je peux te dire que la météo de mon dernier jour à la Nouvelle Orléans s’accordait bien à mon humeur. Le 24 novembre 2016, jour de Thanksgiving, j’attendais d’embarquer dans l’avion vers Montréal :

Je porte mon regard sur le tarmac, parfaitement lisse sous un ciel chargé et j’ai le cœur lourd. Un mélange d’émotions qui illustre tellement bien NOLA. Je suis reconnaissante pour ces cinq journées pendant lesquelles la ville et ses habitants m’ont accueillie et j’appréhende le manque, comme si je quittais la maison pour une durée indéterminée.

Elle me manque déjà. Ses rues chargée d’histoire, son ciel parfait et ses trottoirs incertains, la chaleur agréable du mois de novembre, la brise fraîche venant du Mississippi.

Il y a peu d’endroits qui ont marqué mon esprit et mon cœur comme l’a fait la Nouvelle Orléans. Je pars en ayant trouvé une partie de moi, mais en en laissant une autre là-bas. Et voilà! J’ai le mal de toi NOLA.

John Goodman le disait si bien : « someone suggested that there’s an incomplete part of our chromosomes that gets repaired or found when we hit New Orleans. Some of us just belong here. » 

Raison numéro 7 : Tu ne voudras plus jamais partir et ne pensera qu’à revenir.

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